Badiou, le queer et le féminisme, un canular pris très au sérieux

En une trentaine de pages d'analyse d'un pseudo texte d'Alain Badiou, deux philosophes ont piégé une revue de philosophie. Ce pastiche entendait faire la preuve de « l’inanité de certaines élucubrations queer/féministes faites sous pavillon postmoderne ». C'est gagné et c'est drôle.

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« Ontologie, neutralité et aspiration au (non-)être-queer. » Tel était le titre d’un article publié au début de l’année 2016 par la revue de philosophie en ligne Badiou Studies, signé par une certaine Benedetta Tripodi. Nous ignorons si cette dernière est queer, ou si elle le (non-)est, mais nous pouvons affirmer qu’elle non-est tout court, bref qu’elle n’existe pas. La trentaine de pages de son article (lire le ) n’est qu’un canular visant à tourner en ridicule l’obscurité de la philosophie d’Alain Badiou et de ses épigones. C’est ce que viennent de révéler ses véritables auteurs, les philosophes Philippe Huneman, directeur de recherche au CNRS, et Anouk Barberousse, professeure à l’université Paris Sorbonne, dans un long article publié par les carnets Zilsel, un blog consacré à la recherche en sciences sociales.