Les vies secrètes de l’Alaska

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Alors qu’on nous annonce l’essor d’un tourisme en régions polaires, il est temps de lire en antidote un livre magnifique consacré aux Gwich’in, dernier peuple d’Alaska touché par l’Occident. Dans Les Âmes sauvages, Nastassja Martin raconte comment, face à la prédation de ces terres, leurs habitants maintiennent un lien avec le monde ancien. 

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À quoi cela ressemble-t-il de vivre la catastrophe ? Pas un désastre ponctuel, tel un tremblement de terre ou un tsunami, mais la fin durable de son monde. Pour le peuple Gwich’in, en Alaska, ce sont des hivers raccourcis, des maisons avalées par le fleuve sortant de son lit, les berges qui s’érodent avec la disparition du pergélisol, des forêts ravagées par les incendies et les insectes que les hivers cléments ne tuent plus. Les oiseaux migrateurs s’absentent puisque les lacs s’assèchent, les caribous se font rares, les saumons deviennent imprévisibles.