Quatre places trop vides

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« Face au vide d’un futur difficile à maîtriser, la fascination pour tout ce qui peut offrir une place, une appartenance, devient très dangereuse », explique le romancier italien Giorgio Scianna à propos de son Manquent à l’appel. Une histoire d’adolescents qui fuient, pensant trouver leur force dans le groupe.

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Roberto, Anton, Ivan et Lorenzo sont lycéens. Italiens, du nord. De Milan. De ses meilleurs quartiers, quoique périphériques. Rien ne leur manque, si ce n’est l’espoir, l’avenir auquel croire. Dans leur classe de terminale, il y avait un cinquième garçon. Mais ce Simone s’en va pour le Royaume-Uni d’avant le Brexit, où son père lui a trouvé une de ces voies royales qui mènent aux existences princières de la bourgeoisie mondialisée. « Avant Simone, personne autour de nous n’avait décidé de partir […] Simone était le premier de la bande qui envisageait son avenir ailleurs, loin de nous. Et une chose était claire : si partir était une grande opportunité, ceux qui restaient étaient des nuls », dit Lorenzo, narrateur de Manquent à l’appel de l’Italien Giorgio Scianna, sorti en France ce 4 janvier.