Le roman de la politique locale et ses petites escroqueries

Par Norbert Czarny (En Attendant Nadeau)

À moins qu’on ne soit juge d’instruction, on ne saura qu’à l’avant-dernière page du roman de Tanguy Viel en quoi consiste l’article 353 du code pénal évoqué par le titre. En attendant, et le verbe attendre n’est pas ici un vain mot, on sera dans un petit bureau, désireux de connaître le sort de Martial Kermeur.

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Le dernier roman de Tanguy Viel est fondé sur une attente, ou des attentes. D’abord celle de Martial Kermeur, interrogé dans un bureau par un juge plutôt bienveillant, qui l’écoute et semble bien souvent le comprendre. Dans une sorte de prologue, on a appris pourquoi Kermeur se trouvait soudain confronté à la justice : il aurait précipité en mer un certain Antoine Lazenec, affairiste plutôt qu’homme d’affaires, venu dans la rade pour construire une station balnéaire moderne et attractive. Lazenec, entre autres méfaits, lui a escroqué 400 000 francs : toutes ses indemnités de licenciement après la fermeture de l’arsenal. Kermeur a-t-il poussé Lazenec ou laissé se noyer, c’est aux mouettes qu’il faudrait le demander. Elles ont tout vu, mais elles ne sont pas habilitées à témoigner.