Leslie Kaplan: «Un monde soudain devenu injustifiable aux yeux de tous»

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L’écrivaine Leslie Kaplan, qui a vécu Mai-68 dans une usine occupée à Lyon, considère que les « gilets jaunes » ont pris le relais, de façon populaire et autogérée, d’une volonté de changer la vie qui ne se laissera pas acheter par le pouvoir.

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Née à Brooklyn (New York) en 1943, d’un père ensuite parti faire la guerre du côté des alliés et qui n’a plus voulu quitter la France – où il fit venir sa famille –, Leslie Kaplan a vécu son enfance puis étudié (philosophie et sciences économiques) à Paris. Embarquée dans la mouvance maoïste (UJCML) au moment de la Révolution culturelle, à partir de 1966, qui prônait « l’union du travail intellectuel et du travail manuel », Leslie Kaplan s'établit, en janvier 1968, dans une usine de machines à laver, à Lyon, « cœur ouvrier de la France ». D’où une vision provinciale et populaire du mouvement de Mai-68, que fit passer à l’as un certain récit estudiantin parisien.