Avec «Gomorra», l’Italien Matteo Garrone documente le sordide

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Un énième film de mafia ? Oui, mais pas seulement. Le renouveau du genre ? Non, pas tout à fait. Gomorra, adaptation un cran en-deçà du best-seller éponyme de Roberto Saviano, qui sort mercredi au cinéma, rend compte des flux et méandres de la mafia napolitaine. Et évoque dans ses meilleurs moments un implacable précis de sociologie des organisations. Grand prix au dernier festival de Cannes.

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Deux appréhensions au moment où s'inscrit, rose épais sur fond noir, aux premières secondes ou presque, le titre plein écran - Gomorra, en salles ce mercredi 13 août. Un, le film de Matteo Garrone est l'adaptation d'un best-seller courageux, du désormais très protégé Roberto Saviano (1,2 million d'exemplaires écoulés rien qu'en Italie). Le risque de la pâle copie, voire de la trahison politique, menace - interdiction de rater, il va bien falloir se montrer à la hauteur de cette enquête magistrale sur la mafia italienne et ses ravages. Deux, ce film de ou sur la mafia, les théoriciens trancheront, s'inscrit dans la lignée fertile de pans décisifs du cinéma américain et asiatique. C'est le risque de l'overdose et du à quoi bon : on a tellement vu que l'on n'y voit plus rien, des coups de feu sur la plage, des veuves et des clans en furie, des courses-poursuites avec les flics, les yeux se lassent plus vite que prévu.