Nazis dans la poudre: un essai révèle, un roman anticipe

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Dans L’Extase totale, Norman Ohler raconte l’histoire du IIIe Reich du côté des stupéfiants, sans minorer la responsabilité de Hitler. Dès 1933, Leo Perutz, avec son roman La Neige de saint Pierre, envisageait les liens entre drogue et nazisme.

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Pralines de chocolat à la méthamphétamine, chewing-gums à la cocaïne, barres de vitamines aux stéroïdes ne sont pas les sucreries en vogue d’un Willy Wonka hallucinogène mais quelques-unes des drogues inquiétantes que le régime nazi aura développées. Norman Ohler en fait l’histoire dans un essai informé que publient les éditions La Découverte, L’Extase totale. Lors de sa parution en 2015 en Allemagne, le livre avait suscité la polémique, accusé de sensationnalisme, ou de vouloir minorer la responsabilité de Hitler, dépeint dans sa dernière période comme un junkie en manque. Mais les autorités que sont Hans Mommsen et Ian Kershaw, grands spécialistes du IIIe Reich, ont adoubé l’ouvrage, et le lecteur, parfois ahuri par ce que raconte le livre en matière de stupéfiants nazis, doit en convenir : cet essai constitue l’un des grands jalons de l’histoire pharmacologique des guerres, qui commence à s’écrire (un livre récemment paru aux États-Unis offre une synthèse sur le sujet : Shooting Up. A Short History of Drugs and War, de Lukasz Kamienski, Oxford University Press, 2016).