Comment Pierre Jourde est devenu un fait divers

Par

Dix ans après, l’écrivain Pierre Jourde revient sur le début de lynchage et les coups, puis le procès qui avaient suivi la publication de Pays perdu, dans un village du Cantal qu’il décrivait. Hommage et amour réitérés pour ce dernier, mais âpre réflexion sur le passage du réel à la littérature.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

« Tu savais qu’un livre pouvait faire très mal, et tu ne saisissais pas bien au nom de quoi il devrait, par principe, se situer au-dessus de l’éthique commune. » En ville, il y a des procès, des demandes de saisie, ou de dommages et intérêts. C’est devenu courant : se reconnaît-on ? D’autres peuvent-ils reconnaître une personne, une vie ? Plainte est alors déposée. Dans les maisons d’édition, les textes transitent par le cabinet de l’avocat avant parution. Et dans l’éternel débat sur le droit qu’a l’écrivain de puiser faits et personnages dans la vraie vie, rien de si nouveau, même si aujourd’hui aux blessures humaines se mêlent inextricablement promotion, auto-promotion, labellisation plus journalistique que littéraire (“c’est du vrai, du vécu”).