Rendre à «Grace», pour sauver le film d'Olivier Dahan

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Quelques paragraphes pour essayer de sauver Grace de Monaco, présenté mercredi en ouverture du 67e Festival de Cannes et sorti en salle le même jour. Le sauver non pas au nom de sa qualité mais au nom de ce qu'il dit de l'état du biopic, de Nicole Kidman et, au-delà, des rapports actuels entre représentations cinématographique et politique.

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Cannes, de notre envoyé spécial. Projeté en ouverture mercredi soir, Grace de Monaco a été très mal reçu. La façon dont Olivier Dahan monte en épingle le conflit ayant opposé, en 1962, la principauté et le général de Gaulle a agacé : comment s’émouvoir en effet du destin mis en péril de quelques privilégiés à qui l'on demande de bien vouloir enfin payer des impôts ? L’image vaporeuse, les mouvements d’appareil, les violons et les grandes orgues n’ont pas arrangé l’affaire. De sorte que personne ne s’est réjoui de voir présenter ici la director’s cut d’un film pour lequel Dahan, aux dernières nouvelles, est toujours en bisbille avec ses producteurs, les redoutables frères Weinstein.