Avec le premier roman de Marin Fouqué, le 77 est dans la place

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Le premier roman de Marin Fouqué, 77 (Actes Sud), s’attarde là où l’on ne s’arrête pas : en Seine-et-Marne, dans un abribus, sous la capuche d’un jeune homme. Il confirme qu’un nouveau genre est en train de s’inventer, celui du roman périurbain, après Fief de David Lopez et Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu.

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Ce titre, d’abord : 77, on ne sait même pas ce que c’est. Deux chiffres qu’on ne sait pas lire, parce qu’on ignore qu’il faut les faire claquer : « 77, c’est le département. Ça se revendique. C’est quelque chose. Plus grand que le 93, même, le 77. On ne dit pas soixante-dix-sept. On dit sept-sept. Comme une salve qui briserait le silence. C'est important, ici, le silence. Il est partout. Au loin, le ronronnement de la nationale, le chant du tracteur, parfois, les pylônes électriques comme des cigales, toujours, et çà et là, des aboiements de chiens. »