Au détour des livres (2). De la violence des rapports amoureux

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La bédé féministe de la Suédoise Liv Strömquist, Les Sentiments du prince Charles, parue chez Rackham, dissèque allègrement les rapports amoureux aujourd’hui. Pas de quoi se réjouir, la domination masculine continue de s’exercer. Mais l’auteure sait la traquer.

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Disons-le tout de suite : cette bédé est foutraque. Bordélique et incohérente : foutraque, décidément. Il y est question, en vrac, de Nancy Reagan, épouse de qui l’on sait, de la chanteuse Whitney Houston, aux amours détestables, et de la princesse d’Angleterre décédée sous le pont de l’Alma. Et aussi de parfaites inconnues, telle cette Victoria Benedictsson, écrivaine suédoise du XIXe siècle, qui s’est suicidée à cause de son épouvantable amant. Avec un fil conducteur, cependant : la domination masculine, comme disait Bourdieu, l’oppression féminine, comme on disait dans les manifestes d’autrefois, en tout cas la violence qui régit encore et toujours les rapports amoureux entre hommes et femmes dans l’Europe de ce début de XXIe siècle.