«120 battements par minute»: déjà morts, encore vivants

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Reconstitution fougueuse des années Act Up, le nouveau long métrage de Robin Campillo, 120 battements par minute, qui sort en salle mercredi 23 août, confirme l’intérêt du cinéaste pour les corps étrangers venant déranger l’ordre de la cité.

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Je voudrais partir d’un moment particulier de 120 battements par minute. Un moment d’apparence simple et pourtant non moins feuilleté, ni complexe, que le film peut l’être dans sa totalité. Un groupe de militants d’Act Up s’est précipité dans le métro à l’issue d’une action qui a tourné court. Montés dans un wagon, ils bavardent en reprenant leur souffle. Tandis que la ligne, devenue aérienne, découvre Paris, Sean – héros d’une aventure qui en compte plus d’un – se tourne vers la fenêtre et entame un monologue. Il raconte que, depuis qu’il se sait atteint du sida, ses journées ont une tonalité différente, les matins surtout. La lumière du jour et l’air du dehors l’affectent plus intensément… Bien qu’il sache sa mort prochaine, Sean n’a jamais été aussi vivant ni, peut-être, aussi fort.