Grandeur de «Joe» Weerasethakul

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La Palme d'or du 63e festival de Cannes est allée à Oncle Boonmee, celui qui peut se souvenir de ses anciennes vies, du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Pour Mediapart, c'était le plus beau film de la compétition avec Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois, qui a reçu le Grand Prix.

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On peut voir en Apichatpong Weerasethakul un artiste à l'œuvre d'une simplicité si désarmante qu'elle semble vouloir équilibrer exactement l'imprononçable de son nom. On peut le voir comme le plus grand cinéaste asiatique du moment – avec le chinois Jia Zhang-ke, avec le singapourien Eric Khoo. On peut le voir comme le représentant le plus remarquable de la proximité actuelle entre cinéma et art contemporain («Joe», c'est son surnom, a été formé à l'école de Chicago). On peut le voir encore comme la réincarnation de cinéastes ayant beaucoup filmé en compagnie des spectres: le japonais Kenji Mizoguchi, l'américain Jacques Tourneur, l'allemand Fritz Lang (celui du fameux diptyque indien) ou encore, plus près de nous, cet autre imprononçable, l'indo-américain M. Night Shyamalan.