« Moi, Jean Gabin », ou la gloire tardive de Goliarda

Par

Moi, Jean Gabin est un récit fantasque et énergétique de Goliarda Sapienza. Fille de révolutionnaires et résistants antifascistes, enfant des bas-fonds de Catane, actrice du cinéma néo-réaliste, internée, appelée à l’écriture comme d’autres à Dieu, elle est un stupéfiant exemple de résilience littéraire et femme libre, tellement. Extrait en fin d’article.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Depuis que l’éditeur Einaudi a entrepris la publication de ses œuvres complètes, en commençant par la principale d’entre elles, L’Arte della gioia (L'Art de la joie en français, édité en 2005 par Viviane Hamy), Goliarda Sapienza, seize années après sa mort, est de plus en plus reconnue. On joue ses textes à Catane, où elle a grandi, on lui érige un monument à Gaeta, où elle est morte. Un prix littéraire porte son nom, qui récompense un livre venu des prisons. À la maison de la littérature de Rome, on entoure un vieux monsieur lors de l’hommage qui lui est rendu : Francesco Maselli, cinéaste et documentariste, qui fut son compagnon pendant dix-sept ans, et l’ami d’une vie. Les blogs bruissent, eux aussi. Il y a même, parfois, des râleurs : « Elle n’écrit même pas bien ! Elle ne respecte pas la syntaxe ! » « Ce n’est pas de la bonne littérature ! »