La ZAD, les aborigènes et l’université

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Invitée par le campus Condorcet à donner une conférence, l’anthropologue Barbara Glowczewski a eu la mauvaise surprise de découvrir que la vidéo de l’événement a été amputée de sa partie sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. L’université plaide la prudence juridique.

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C’est un petit incident dans la longue histoire des rapports entre monde intellectuel et monde militant, mais il capte un malaise révélateur. Le 20 novembre dernier, l’anthropologue Barbara Glowczewski, rare spécialiste française des peuples aborigènes, donne une conférence publique à Aubervilliers. Elle intervient à l’invitation du campus Condorcet, nouveau lieu de recherche et d’enseignement des sciences humaines et sociales en cours d’installation dans la commune de Seine-Saint-Denis. Elle choisit d’intituler sa présentation « Survivre au désastre : des aborigènes à Notre-Dame-des-Landes ». Pendant environ 45 minutes, elle décrit les stratégies de résistance artistiques et culturelles adoptées par les survivant·e·s du génocide des peuples autochtones australiens. Et décrit avec de nombreux exemples la puissance de leur rapport aux rêves, qui participent à la fabrication du monde en train d’advenir.