À Lussas, de belles lumières sur la face sombre du monde

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Retour sur trois films (dont « Notturno », de Gianfranco Rosi) projetés cette semaine en Ardèche, lors des États généraux du film documentaire. Où dans des formes, des temporalités et des regards très différents, il est démontré qu’il ne faut pas toujours désespérer de l’état du monde.

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L’une crie, l’autre pleure. Dans une prison où son fils est mort sous la torture, une femme caresse les murs sur lesquels vibre encore sa présence. Elle « entend sa voix », sent « l’odeur de son sang », hurle-t-elle, entourée d’autres mères venues se recueillir entre ces quatre murs qui furent le tombeau de leurs proches. Plus tard, ailleurs, une autre mère écoute sur son téléphone portable les messages vocaux que sa fille, prisonnière de Daech, a réussi à lui envoyer au péril de sa vie et dans un souffle chuchoté. La caméra fixe son doigt qui passe d’un message à l’autre et, sur son visage, presque hors cadre, coule une larme.