Ce que nous a appris le mouvement des «gilets jaunes»

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Dans In Girum, un livre sur les leçons politiques des ronds-points, l'universitaire Laurent Jeanpierre estime que la contestation des « gilets jaunes » a révélé de nouvelles formes de gouvernement des sociétés, mais aussi un retour du niveau local comme instance de politisation et de mobilisation. 

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L’ouvrage In Girum (La Découverte, 2019) n’est pas un énième essai sur le mouvement des « gilets jaunes ». Laurent Jeanpierre, professeur en science politique à Paris-VIII, a d’abord bénéficié de plus de recul temporel sur cette contestation au long cours, en comparaison de ses devanciers ayant publié des analyses en pleine acmé du mouvement.

S’appuyant sur les travaux de nombreux collègues pour décrire l’originalité du « soulèvement jaune », il avance surtout deux hypothèses qui font l’originalité de son essai. D’une part, il suggère que les exécutifs font un usage parallèle de deux technologies de pouvoir : le recours à la (pseudo) délibération et la répression à outrance. D’autre part, il inscrit le mouvement dans le contexte d’une « relocalisation de la politique » qui réveille des idéaux communalistes ou municipalistes. Entretien filmé avec l’auteur.