Avec Lydie Salvayre, peser sur le réel de notre monde brutal

Par Santiago Artozqui (En attendant Nadeau)

En cette rentrée littéraire, Lydie Salvayre publie « Rêver debout », un roman adressé à Cervantès, et « Famille », nouvelle version d’un texte sorti en 2002 qui dessine un triangle entre un fils schizophrène, un père abusif et une mère qui se réfugie dans sa vision du monde. Et c’est la figure de la mère qui relie ces deux textes.

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Quand Lydie Salvayre a obtenu le prix Goncourt en 2014 pour Pas pleurer, elle n’a pas fait mystère de l’admiration qu’elle vouait à sa mère ; dans l’une des dernières lettres de Rêver debout, elle raconte comment celle-ci est venue à pied en France à l’âge de 17 ans pour fuir la dictature franquiste, en janvier 1939, « après des jours et des jours de marche dans le froid et avec une volonté qui jamais ne flancha ». Cette mère, son père et les réfugiés républicains exilés avec eux avaient emporté une Espagne dans laquelle Lydie Salvayre a grandi, Espagne qui demeure un socle de son œuvre et qui, on le comprend, est autant une mère patrie que la patrie de la mère.