Yuri Slezkine, l’épopée de la grande solitude soviétique

La Maison éternelle, de Yuri Slezkine n’a pas d’équivalent depuis L’Archipel du Goulag, d’Alexandre Soljenitsyne. L’auteur raconte la révolution russe à travers l’histoire des habitants de la Maison du Gouvernement, immeuble construit pour y abriter la nomenklatura bolchevique. Il explore les mille voix de la solitude soviétique et dresse un mausolée à tous ceux qui, comme l’écrivait Chalamov, « ont participé à cette grande bataille perdue pour un renouvellement effectif de la vie ».

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« Lorsque, six ans après et une autre révolution plus tard, Tania Miagkova avait appris que son mari avait été arrêté, elle avait abandonné la lecture du Capital pour se replonger dans Anna Karenine. Puis, quand on l’avait informée qu’elle ne pourrait pas le rejoindre aux Solovki où il avait été déporté, elle s’était mise à lire de la poésie : Maïakovski, Blok et Pouchkine, qui “les domine tous largement”. »

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