Avec Ivan Jablonka, les ambiguïtés d’une morale «féministe» au masculin

Par Marie-Jeanne Zenetti (En Attendant Nadeau)

Le féminisme peut-il servir à énoncer une morale ? L’essai d’Ivan Jablonka entend subvertir les masculinités de domination au nom de la « justice de genre », mais son discours n’évite pas certains effets d’autorité qui desservent son ambition.

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« Je suis un homme contre le pouvoir masculin. Je suis une féministe », écrit Ivan Jablonka en conclusion de son dernier essai. L’ouvrage, qui se présente aussi comme un manifeste féministe, annonce un programme, si ce n’est une lecture de l’Histoire, relativement optimiste : le progrès social et politique conduirait d’un système de domination, le patriarcat, vers de « nouvelles masculinités » ouvertes et plurielles, incarnées par des « hommes justes ». Ivan Jablonka propose rien de moins que de définir une « morale du masculin ».