Quand un cabinet de reclassement aide aux licenciements...

Par

Le cabinet de reclassement BPIest bien embêté. Dans la Loire, des salariés de Siemens (ici, lors d'une manifestation le 4 février ©Reuters) sont tombés surun document: un conseiller y donne des «conseils» très crus à ladirection de Siemens pour gérer le plan social en cours. Ce genre dedocument est rare. D'habitude, rien n'est écrit. L'affaire pointe lesconflits d'intérêts de ces cabinets.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

L'e-mail était censé rester secret, tapi dans la mémoire d'un ordinateur. Mais le 1er mars, en pleine négociation d'un plan social touchant 220 personnes, des salariés de VAI MT, filiale du groupe allemand Siemens installée à Saint-Chamond, près de Saint-Etienne (Loire), ont retenu deux de leurs dirigeants. Pendant l'opération, des ordinateurs ont été (illégalement) “saisis”, les messageries électroniques passées au peigne fin. En fouillant ce butin, des salariés sont tombés sur un document inattendu.
Il s'agit d'une note de deux pages, rédigée en anglais, adressée quelques semaines auparavant au président de VAI MT. Son auteur travaille alors au bureau lyonnais de BPI. Avec Altedia et Sodie, ce cabinet est un des mastodontes du reclassement en France, secteur en plein boom avec la crise. Ce conseiller est expert en «ingénierie sociale», comme on dit dans le jargon: il aide les entreprises qui ont décidé de restructurer, les guide dans les subtilités du droit social, élabore le calendrier, démine le terrain avec les syndicats.