A la fête de la CFDT, la fronde de la base

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La CFDT fêtait en grande pompe sa première place d'organisation syndicale dans le privé, en réunissant 10 000 militants à Paris. Au-delà de l'autocélébration, de nombreux syndicalistes ont fait savoir leur incompréhension face à la stratégie de leur centrale, qui se refuse toujours à appeler à manifester contre la réforme du code du travail.

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En réunissant 10 000 représentants syndicaux pour célébrer sa place fraîchement acquise de première organisation syndicale dans le privé, alors que viennent d’être publiées les ordonnances réformant le code du travail, la CFDT prenait un risque. Celui de transformer, ce mardi 3 octobre, de sympathiques réjouissances syndicales en querelles politiques. Depuis le début des concertations menées par le gouvernement, le syndicat dirigé par Laurent Berger a affiché une certaine bienveillance quant à la méthode, voire aux choix défendus par l’exécutif. Ce n’est que le 31 août, lorsque les ordonnances ont été présentées officiellement, que le secrétaire général s’est dit « déçu ». Avant de durcir progressivement le ton, jusqu’à se déclarer aujourd’hui « opposé » à la réforme, tout en revendiquant de ne pas appeler à manifester. Au contraire de la CGT, de la CFE-CGC ou encore de FO, dont le dirigeant Jean-Claude Mailly vient d’être contraint, par sa base et malgré lui, à rejoindre la contestation.