Et la BCE intervint

Dans la panique, la BCE a un peu oublié ses dogmes, et a volé au secours du marché obligataire de la zone euro. La pression est un peu tombée sur les dettes obligataires espagnoles et italiennes.

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La rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre dans les salles de marché ce matin : la BCE est à la manœuvre, elle intervient sur le marché obligataire européen. Et cette fois, elle achète des titres espagnols et italiens.
En annonçant jeudi qu'elle allait reprendre ses achats de titres sur le marché obligataire de la zone euro après une interruption de quatre mois, la banque centrale avait fait renaître bien des espoirs. Il allait enfin y avoir un pilote dans l'avion pour essayer de maîtriser la crise de la zone euro.
Hier soir, la déception était manifeste. Certes, la BCE était intervenue sur les marchés, mais pour soutenir seulement les cours de la dette portugaise et irlandaise. Mais l'institution monétaire n'avait rien fait pour les obligations italiennes et espagnoles, les deux grands dangers de la zone euro.
L'explication de ce geste a commencé à filtrer un peu plus tard. Il n'y a pas eu unanimité au sein du conseil de la BCE, comme Jean-Claude Trichet l'a reconnu jeudi lors de sa conférence de presse, pour reconduire cette mesure « non conventionnelle ». Gardienne des dogmes et des traités, la Bundesbank était totalement opposée à cette intervention, face à la majorité des membres.
Un compromis a été cherché: la BCE allait intervenir mais seulement en faveur des pays qui sont dans le cadre des plans d'aide européen. Le rachat de dettes portugaises et irlandaises permettrait de soulager un peu le système bancaire des deux pays, qui sont sous assistance respiratoire de la banque centrale depuis des mois.
Tout cela a été jugé nettement insuffisant par les marchés. Vendredi matin, dès sept heures, la pression monte sur la dette espagnole et italienne. Les rendements sur les obligations espagnoles à dix ans sont 6,3% contre 6,27 % la veille; ceux de la dette italienne progressent à 6,22% contre 6,18% la veille. Le feu menace de s'étendre dans toute la zone euro.

Il n'est plus temps manifestement pour la BCE d'avoir des susceptibilités. Dans la tourmente, elle est le seul, l'unique rempart de la zone euro face à la panique et la spéculation. Elle se met donc à l'achat sur la dette italienne et espagnole. Dans quelles proportions? Nous ne le serons que dans une semaine ou plus, lorsque la banque centrale dévoilera ses statistiques.

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