Pas de complémentaire santé, pas de soins

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Voici l'histoire de personnes gravement malades. Chacune perçoit autour de 1 000 euros par mois, provenant des aides sociales. Elles ont dû retarder des soins urgents, ou y renoncer car elles sont trop riches pour percevoir la CMU, trop pauvres pour se payer un contrat complémentaire pourtant indispensable.

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La médecin généraliste Mady Denantes ne pratique pas le même métier que ses confrères récemment épinglés parce qu’ils refusent ouvertement des soins aux patients précaires. Dans sa maison de santé située dans le XXe arrondissement de Paris, médecins et infirmières soignent sans distinction, du haut en bas de l’échelle sociale. Mais ils se démènent un peu plus pour les plus fragiles. Mady Denantes est le témoin des inégalités sociales de santé qui se creusent. Depuis plusieurs années, elle prend note des histoires des patients qu’elle ne parvient pas à soigner, la plupart du temps parce qu’ils n’ont pas de complémentaire santé. Engagée, elle milite aux côtés du diabétologue André Grimaldi ou du sociologue Frédéric Pierru pour une reconquête de la Sécurité sociale face aux complémentaires santé.