Partage des richesses: le rapport que Sarkozy oubliera

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Réalisé à la demande de l'Elysée, le rapport de Jean-Philippe Cotis, directeur général de l'Insee, va relancer le débat sur le partage des profits dans l'entreprise. Ce rapport pointe la quasi-stagnation des salaires réels, l'envolée des plus hauts revenus et le poids croissant des dividendes. Même en temps de crise, les groupes du Cac 40 maintiennent leur choix: ils s'apprêtent à distribuer quelque 35 milliards d'euros à leurs actionnaires. La somme est en baisse de 14% mais leurs bénéfices eux ont chuté de plus de 40%.

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Lancé en février par Nicolas Sarkozy, le débat sur le partage des profits dans l'entreprise risque d'être relancé rapidement avec la remise du rapport du directeur général de l'Insee, Jean-Pierre Cotis, prévue en début de semaine prochaine. Car le constat qu'il établit vient conforter une grande partie des critiques sur l'enrichissement inégalitaire choisi par les groupes français depuis plus d'une décennie. Oui, il y a bien eu une forte déformation de l'échelle des salaires dans les sociétés au profit des fonctions les plus élevées. Oui, l'essentiel des richesses créées au cours de ces dix dernières années ont été plutôt redistribuées aux actionnaires qu'utilisées à renforcer les bilans des entreprises et soutenir leur développement. Et ce phénomène se perpétue malgré la crise financière.