L’acier aux avant-postes de la crise chinoise

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Surinvestissement, surproduction, surcapacités, surendettement : les sidérurgistes chinois paient aujourd’hui l’expansion menée à un train d’enfer du pays. Pour survivre à cette crise structurelle, ils inondent le marché mondial de leurs productions à prix cassé. Ses concurrents sont incapables de résister. Faillites, licenciements, fermetures d’usine se multiplient dans tout le secteur.

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Une déferlante ! Un déluge ! Les sidérurgistes ont beau avoir l’habitude des cycles et des crises détonantes sur le marché de l’acier, ils semblent tétanisés par ce qui se dessine. À les entendre, une vague d’acier chinois, ne trouvant plus de débouchés sur le marché intérieur, menace de se déverser sur le marché mondial et de tout engloutir sur son passage. Et les analystes et les observateurs financiers les écoutent avec attention. Le marché de l’acier, un des plus mondialisés, est souvent un indicateur avancé de l’économie mondiale. En 1974, la crise de la sidérurgie européenne annonçait la grande rupture économique provoquée par le choc pétrolier. En 2003-2004, l’explosion des cours de l’acier et des matières premières avait donné les premiers signaux du boom chinois à venir. Ce qui se passe actuellement dans la sidérurgie, se demandent-ils, n’est-ce pas les prémisses d’une vague mondiale déflationniste, nourrie par les surproductions chinoises, comme l’annoncent certains économistes ?