L'Assemblée va débattre en douce d'un futur «FMI» européen

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L'Assemblée nationale doit discuter, mardi, du premier des deux traités européens en chantier. Ce texte prévoit la création d'un Mécanisme européen de solidarité, sorte de FMI à l'européenne. Jean-Luc Mélenchon tire à boulets rouges sur ce texte, et gêne les socialistes dont la position est changeante. Explications.

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Jean-Luc Mélenchon attend avec impatience cette séance du 21 février. Ce jour-là, l'Assemblée nationale doit discuter d'un projet de loi autorisant «la ratification du traité instituant le mécanisme européen de stabilité». Depuis plusieurs semaines, le candidat du Front de gauche mène la charge contre ce texte déjà adopté, dans une relative indifférence, à Bruxelles. Avec toujours le même espoir : réactiver la fracture qui avait divisé la France en 2005, entre «ouistes» et «nonistes» face au Traité constitutionnel européen.
 
L'affaire serait si grave que l'ex-socialiste a demandé, lors d'un meeting à Montpellier, le 8 février (lire notre reportage), «que toute la gauche se rassemble pour dire non» à ce texte, mardi à l'Assemblée. Les socialistes ne savent pas encore s'ils voteront contre, ou se contenteront de s'abstenir, si l'on en croit les débats du bureau national du PS de mardi. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Deux nouveaux «traités» sont en chantier à Bruxelles, à des stades d'avancée différents.
Le premier porte sur la création d'un Mécanisme européen de stabilité (MES), qui constitue, pour le dire vite, la première étape vers la création d'un Fonds monétaire européen, censé venir en aide, de manière plus efficace, aux pays en difficulté. En gestation depuis le début de la crise grecque (mai 2010), le texte (à lire en intégralité ici) a été signé par les Etats membres de la zone euro le 30 janvier dernier. Il lui reste donc à être ratifié, au niveau national, par chacun des 17 signataires. C'est ce que la France doit faire à partir de mardi.