EDF va supprimer jusqu’à 4200 postes en trois ans

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EDF a annoncé jeudi son intention de supprimer entre 2 300 et 4 200 postes en France sur la période 2016-2018, sans licenciements, pour faire face à une concurrence accrue et à la chute des prix de marché de l’électricité.

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EDF a annoncé jeudi son intention de supprimer entre 2 300 et 4 200 postes en France sur la période 2016-2018, sans licenciements, pour faire face à une concurrence accrue et à la chute des prix de marché de l’électricité. L'électricien public, se basant sur le milieu de cette fourchette, a précisé dans un communiqué que ses orientations stratégiques devrait ainsi se traduire par une baisse des effectifs de 5 % sur le périmètre d'EDF SA, c'est-à-dire de l'entreprise en France sans ses filiales.

« Cette gestion des ressources s'inscrit dans un environnement marqué par une concurrence accrue et des conditions de marché défavorables en France et en Europe qui nécessite une adaptation de l’entreprise », a souligné le groupe dans un communiqué.

EDF, dont l'Etat français détient près de 85 % du capital, a aussi fait valoir que ses effectifs avaient crû de 9 % entre fin 2010 et fin 2014 et qu'il prévoyait 1 000 à 2 000 recrutements par an entre 2016 et 2018 sur ses métiers “cœurs” et en développement tels que le numérique.

Le comité central d'entreprise d'EDF SA, au cours duquel la direction a annoncé ses projets, a émis à l'unanimité un avis négatif sur les orientations stratégiques de la société et voté la poursuite d'un droit d'alerte exercé fin 2015 et la mise en place d'une expertise économique.

Ses élus, représentant la CGT, CFE-CGC, CFDT et FO, ont estimé dans un communiqué que « les décisions de Bruxelles, de l'Etat français mais aussi celles de la direction d’EDF » compromettaient à court terme l'avenir de l'entreprise et que les salariés étaient « la principale variable d’ajustement » de l’entreprise.

Dans un document présenté par la direction au CCE, obtenu par Reuters, EDF a fait savoir qu'il prévoyait une baisse de ses parts de marché en France en termes de volumes entre 2015 et 2019, de 78 % à 59 % auprès des clients professionnels et de 91 % à 82 % auprès des particuliers.

Invoquant les effets d'une concurrence accrue, qui s'accélère avec la fin des tarifs réglementés « jaune » et « vert » pour les professionnels et les collectivités survenue le 1er janvier et des prix de l'électricité bas en Europe, le groupe table en outre sur une croissance faible de la demande de 0,2 % par an. Toujours selon le document interne, EDF fait cependant l'hypothèse d'une hausse du tarif "bleu" appliqué aux particuliers de 2,5 % par an de 2016 à 2019.

« Même si elle doit faire face à moyen terme à de grands défis industriels et commerciaux et opère dans un contexte économique et régulatoire difficile, EDF dispose aujourd'hui d'une situation financière très solide qui n'est pas à considérer comme préoccupante (…) », a en outre estimé la société dans un autre document remis au CCE.

Le groupe, endetté à hauteur de 41,7 milliards d'euros à fin 2015 selon les estimations du consensus Thomson Reuters I/B/E/S, n'a en outre pas détaillé la façon dont il comptait financer les travaux sur son parc nucléaire français, son projet d'EPR en Grande-Bretagne ou encore le rachat de l'activité réacteurs nucléaires d’Areva.

(Reuters)

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