La grande réforme de la médecine du travail attendra

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Le ministre du travail Xavier Bertrand présente ce vendredi ces idées pour la réforme de la médecine du travail. La profession, dont les effectifs fondent, s'interroge sur son rôle. Depuis plusieurs mois, les rapports officiels ne manquent pas. Tous plus ambitieux les uns que les autres, par les réformes proposées, ils mettent en évidence la crise profonde de ce secteur. Le gouvernement a choisi une réforme sage. Pas la révolution que certains espéraient. Décryptage. Lire aussi : "Les médecins du travail désemparés face au stress croissant des salariés".

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Un dépoussiérage et quelques coups de balais bienvenus. Le projet du gouvernement pour la réforme de la médecine du travail avance des pistes salutaires. Mais probablement pas assez ambitieuses pour revitaliser une profession en état de déprime avancée.

 

 

Les grandes orientations sont connues depuis plusieurs semaines : modification de la gouvernance des centres de santé au travail et de leur financement, renforcement de la prévention. Et surtout suppression de l'aptitude. En clair, le médecin du travail ne passera peut-être plus ses journées à griffonner «apte» sur des feuilles de papier auxquelles personne, ni le salarié, ni l'employeur, ne prête attention.

 


Mais ces mesures ne règlent pas les deux écueils qui font le cœur de la crise de la profession :

 

 

1/La faible marge de manœuvre vis-à-vis des employeurs.

 

 

2/ Le très faible attrait qu'elle exerce auprès des jeunes médecins, comme le prouve une démographie atone : selon un rapport du Conseil économique et social publié il y a quelques semaines, trois quarts des médecins du travail sont âgés de plus de 50 ans, et 1700 départs sont prévus dans les 5 ans à venir. Une véritable hémorragie. Toujours selon la même source, il y a aujourd'hui 6500 médecins du travail.

 

 

«La médecine du travail a été merveilleusement bien pensée à sa création, en 1946, analyse Bernard Salengro, médecin du travail à Nice et responsable confédéral de la CFE-CGC. On a juste laissé les employeurs l'organiser.» S'il est théoriquement protégé, le médecin du travail est un salarié de droit privé, employé par un service interentreprise rémunéré par les employeurs adhérents (dans 80% des cas) ou par une entreprise.

 

 

Dans les faits, sa latitude est très réduite. D'autant que le médecin du travail est moins là pour soigner que pour juger de l'aptitude des salariés au travail. Les «sélectionner», en quelque sorte. D'après le code du travail, il n'est qu'un conseiller de la direction et du Comité d'hygiène et de sécurité (CHSCT). Ses décisions peuvent donc être remises en cause et les employeurs mécontents peuvent du jour au lendemain changer de centre de médecine du travail. Voilà qui n'encourage pas à l'initiative.

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