Les banques se réfugient à la BCE

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Les dépôts au jour le jour auprès de la Banque centrale ont atteint le niveau record de 411 milliards d'euros, en début de semaine. Les signes d'une paralysie totale du marché interbancaire s'accumulent. L'économie réelle est désormais totalement touchée.
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Les preuves d'une totale paralysie du marché interbancaire, annonciatrices d'une amplification de la crise, continuent de s'accumuler ; les banques n'ont jamais déposé autant d'argent aux guichets de la BCE. Selon les chiffres rendus publics, la Banque centrale européenne a reçu 411,81 milliards d'euros de dépôts entre lundi et mardi. Jamais les dépôts au jour le jour n'avaient atteint un tel montant. Le précédent record remonte à juin 2010, avec 384,3 milliards d'euros de dépôts.

Les conditions consenties par la Banque centrale, pourtant, sont tout sauf attirantes: le taux de rémunération est de 0,25%. Mais les établissements bancaires préfèrent thésauriser en invoquant la sécurité plutôt que de prêter leurs excédents de liquidité à d'autres banques.

L'ampleur des montants déposés démontre que la politique tentée par la BCE pour débloquer le système est en train d'échouer. Celle-ci avait décidé, pourtant, d'accorder des facilités exceptionnelles aux banques, en acceptant de leur prêter de l'argent sur trois ans à 1% . Mercredi dernier, 523 banques se sont présentées pour emprunter la somme imposante de 489 milliards d'euros. Ce qui donne une mesure de l'état de santé des banques européennes.

La BCE pariait que ces sommes débloquées permettraient de réamorcer le marché interbancaire. Échec total: selon toute vraisemblance, les sommes empruntées mercredi sont revenues directement en début de semaine à la Banque centrale.

Pendant ce temps, la pénurie de crédit atteint désormais directement l'économie réelle. Les PME et les collectivités locales ont d'immenses difficultés à trouver des financements. Cela atteint désormais les plus grandes structures. Mardi, le premier raffineur indépendant d'Europe, Petroplus, qui exploite notamment la raffinerie de Petit-Couronne près de Rouen, a annoncé que les banques lui avaient supprimé une ligne de crédit d'un milliard d'euros, indispensable pour ses achats et son fonctionnement. Le groupe de raffinage dit ne plus être en situation pour travailler normalement.

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