La tension monte entre inspecteurs du travail et agriculteurs

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Les inspecteurs du travail des Côtes-d'Armor sont furieux: après le sabotage d'une de leurs voitures de service, à l'issue d'une visite chez un maraîcher, le parquet a classé l'affaire. Le premier ministre demande de ralentir le rythme des contrôles sur les exploitations agricoles. 

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Fin janvier, deux inspecteurs du travail montent dans leur voiture de service, à l’issue d’un contrôle chez un producteur de tomates des Côtes-d’Armor, en Bretagne. Quelques minutes plus tard, un bruit suspect se fait entendre dans l’habitacle. Un automobiliste leur fait signe de s’arrêter. Trois écrous manquent à leur roue arrière et le quatrième est à moitié dévissé. Pour les deux inspecteurs, l’origine de ce sabotage est claire, il ne peut s’agir que du propriétaire des lieux qu’ils viennent de quitter. « Nous avons fait les 90 km aller sans problème, et les collègues qui avaient utilisé la voiture la veille n’ont rien remarqué non plus, raconte François Florenty, inspecteur du travail et militant à Sud Travail. Quand nous sommes arrivés sur place, l’exploitant s’est absenté une vingtaine de minutes, nous laissant seuls avec sa femme. La suite s’est déroulée dans une ambiance très tendue, ponctuée de remarques narquoises. »