Hamon et Mélenchon: au-delà des postures, le désaccord européen

Par

Le candidat du PS et celui de la France insoumise ont acté leur désunion au premier tour de la présidentielle. Avec un argument : les divergences sur l’Europe. Elles reposent, essentiellement, sur le « plan B » de sortie des traités de Mélenchon, que Hamon refuse d’envisager.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Ils ont dîné, et se sont dit non. À l’issue de leur entrevue discrète, vendredi soir à Paris, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont maintenu leurs candidatures respectives à la présidentielle, battant froid ceux qui espéraient encore une union de la gauche bâtie en deux mois. Une histoire d’ego, de calendrier ? De guerre d’appareils et de régime présidentiel ? Sans doute. Mais pas seulement. Aux yeux du candidat de la France insoumise, l’Europe fait figure de point de rupture : pas tant sur le projet lui-même, que les deux candidats rêvent plus social et plus solidaire, que sur la stratégie pour y parvenir. 

« À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe », a justifié Jean-Luc Mélenchon dans un bref communiqué publié dimanche sur Facebook. C’est le seul élément programmatique qu’il a cité pour justifier l’abandon de la négociation, avant même qu’elle ne débute. Quant à Benoît Hamon, il n’en a pas cité un seul : « Je l’ai vu, il m’a confirmé ce que je savais, c’est qu’il sera candidat. Dont acte, la situation est maintenant claire », a-t-il balayé, dimanche soir sur TF1, à propos de son concurrent de gauche. Seule concession faite à tous ceux qui appelaient à une candidature unique : « Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne », selon Mélenchon.