L’affaire DSK, emblématique du sexisme à la française

Par La Déferlante

Le 14 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn était arrêté à New York, accusé de violences sexuelles. Dix ans plus tard, les réactions à cette affaire apparaissent comme le déclencheur d’un nouveau cycle de mobilisation féministe. Une analyse de l’activiste « Préparez-vous pour la bagarre », à lire sur Mediapart et à paraître dans la revue La Déferlante.

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Le 15 mai 2011, je me trouve à Denver, dans le Colorado. Entre deux contrats dans le secteur de l’industrie musicale, je suis venue suivre trois mois de cours pour passer une certification professionnelle en anglais. Betty, la femme de 75 ans qui m’héberge, m’appelle à travers toute la maison pour que je vienne voir « ça ». Sur l’écran de la petite télévision de la cuisine, les images de Dominique Strauss-Kahn, les mains menottées, à sa sortie du commissariat, passent en boucle. Je le connais parce qu’il est le grand favori de la primaire du Parti socialiste et qu’il est présenté comme le futur président de la République française par tous les médias. Pour Betty, c’est le directeur du Fonds monétaire international (FMI). « What a pig ! »  Quel porc ! » – ndlr], lâche-t-elle. Je suis sidérée par ce que je comprends de la situation : Dominique Strauss-Kahn logeait au Sofitel de New York et, en sortant de sa douche, nu, il aurait agressé sexuellement Nafissatou Diallo, qui s’apprêtait à faire le ménage dans sa chambre.