Contre la «haine» sur Internet, la recette miracle de la censure privée

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L’examen de la proposition de loi « visant à lutter contre la haine sur Internet » a démarré mercredi à l’Assemblée nationale. Le texte confie aux « opérateurs de plateforme » le soin de retirer sous 24 heures tout contenu signalé comme « manifestement » illicite. Faute d’y mettre les moyens, une sanction pouvant aller jusqu’à 4 % de leur chiffre d’affaires mondial pourra être prononcée. 

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Il existe une plateforme à laquelle les député·e·s n’ont, semble-t-il, pas pensé à ajouter un bouton de signalement des contenus « haineux » : c’est le site de l’Assemblée… Pourtant, les élu·e·s s’en sont donné à cœur joie dans leurs velléités de préciser le texte de loi contre la haine en ligne, comme en témoignent les centaines d’amendements déposés, dont beaucoup indiquent une volonté de censure inextinguible. Alors que la proposition de loi est examinée à partir de ce mercredi 3 juillet, Mediapart a passé en revue les amendements, parfois imaginatifs, déposés en vue d'étendre le champ de la loi.