Réfugiés : le PS commence à sortir de sa léthargie

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Effet de la terrible photo de l'enfant syrien retrouvé mort sur une plage turque ? Le PS appelle à accueillir des réfugiés et François Hollande annonce une initiative commune avec l'Allemagne. Depuis des semaines, le parti au pouvoir et les ministres marchent sur des œufs, tétanisés par l'extrême droite.

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Promis, la publication de la photo de Aylan Kurdi, l'enfant syrien retrouvé mort sur une plage de Turquie, n'y est pour rien. Selon l'Élysée, la réunion convoquée en urgence ce jeudi 3 septembre entre François Hollande, son premier ministre et plusieurs membres du gouvernement pour « examiner les volets européen et national » de la crise des réfugiés était prévue « depuis lundi ». Elle a tout de même été annoncée au tout dernier moment. Recevant le premier ministre irlandais, François Hollande a d'ailleurs évoqué l'« émotion » suscitée par cet « enfant noyé (…) parce que sa famille voulait rejoindre la Grèce et donc l'Europe ». « C'est une tragédie, mais c'est aussi une interpellation à l'égard de la conscience européenne », a commenté François Hollande, plus lyrique que d'habitude. 

Au moment de la crise grecque, le chef de l'État s'était montré plus affable qu'Angela Merkel. Avec la crise des réfugiés, les rôles se sont inversés. D'abord hésitante, la chancelière, dont le pays pourrait faire face à 800 000 demandes d'asile cette année, se montre aujourd'hui pragmatique et explique à ses concitoyens les enjeux de cette crise historique. Le pays fait face à cet afflux massif de déplacés, et malgré des incidents racistes, la population se montre majoritairement bienveillante.

La France, elle, est apparue depuis des semaines en retrait, alors qu'environ dix fois moins de demandeurs d'asile y sont attendus cette année. Certes, François Hollande n'est pas inactif, et travaille de concert avec la chancelière : les deux dirigeants, qui réclament une gestion européenne de la crise et une politique d'immigration concerté, ont confirmé ce jeudi une « initiative » commune pour réclamer la mise en place de quotas contraignants par États — une solution que le gouvernement avait refusée en mai dernier, avant de changer d'avis. Mais le discours de l'exécutif est apparu assez souvent sec, voire martial, au risque de reléguer au second plan l'urgence humanitaire.