A Istres, « on n’a rien gagné » depuis l’arrivée de Hollande

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Mediapart revient, un an après, au Prépaou, cité HLM de 5 000 habitants à Istres dans les Bouches-du-Rhône. Ici, l’affaire Cahuzac est sur toutes les lèvres ; la boîte à outils de Hollande ne suffit pas pour décrocher un contrat d’avenir ; et dans les usines, chacun prie pour que le ciel tombé sur les collègues de Florange ne s’abatte pas sur eux.

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« La folie meurtrière s'est abattue sur cette ville. Elle a tué trois innocents, brisé des familles. Dans ce moment dramatique, il est important que l'État soit présent, incarné. Je suis là pour l'incarner... » Rivé comme tous ses clients sur BFM-TV qui diffuse en boucle la déclaration du ministre de l'intérieur Manuel Valls et des images de sa ville au lendemain d'une fusillade à la kalachnikov en plein jour, Rida bondit de son tabouret. Dans le petit local, on n'entend plus que sa voix à l'accent des cités gronder depuis le comptoir : « Ne soyez pas dupes ! C'est pour éclipser les mauvais chiffres du chômage et sa visite ratée chez les Chinois que Hollande a dépêché le sosie de Guéant. » Toutes les têtes se tournent vers lui et saluent d'un hochement de tête sa saillie.