Juger un repenti corse: une première à risques

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Patrick Giovannoni a refait sa vie dans un lieu inconnu, sous une nouvelle identité, et a sans doute changé de visage. Il va être le premier homme à être jugé en France avec le statut de repenti, pour des faits relevant du grand banditisme en Corse. La justice se demande comment elle va bien pouvoir assurer sa protection.

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Le 19 février, un procès à haute tension s’ouvrira au palais de justice d’Aix-en-Provence. Pour la première fois en France, un homme bénéficiant du statut de repenti, créé par la loi Perben II du 19 mars 2004, va être jugé pour complicité d’assassinat en bande organisée. Patrick Giovannoni va comparaître, avec cinq coaccusés, pour le meurtre d’Antoine Nivaggioni, le 18 octobre 2010, à Ajaccio. Le crime avait frappé les esprits par la violence de son exécution : un ancien dirigeant nationaliste, reconverti dans les affaires, avait été exécuté à 8 h 40 du matin, en pleine rue, à deux pas du lycée Fesch, par deux tueurs cagoulés surgis d’une Renault Mégane. L’un du coffre arrière, l’autre du coffre de toit. Cinq mois plus tôt, il avait échappé au même endroit à une première tentative d’assassinat, attribuée par la justice à la même équipe.