En moins de trois ans, le Paris Saint-Germain a réussi à écarter du Parc des Princes ses supporteurs contestataires, aidé en cela, au nom de la lutte contre le hooliganisme, par un arsenal législatif de plus en plus répressif et par des autorités policières très proches du club. Avec des résultats mitigés : si les tribunes sont désormais « sans problèmes et sans saveur » selon un spécialiste, la violence s’est déplacée dans la rue, comme l’ont montré les affrontements du Trocadéro le 13 mai 2013. Les anciens ultras du PSG, ces supporteurs passionnés dont les associations ont été dissoutes depuis le plan Leproux, dénoncent des mesures liberticides et contre-productives. 

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À entendre cette fraction de fans toujours mobilisés autour de l’ex-association dissoute « Liberté pour les abonnés », la lutte contre le hooliganisme aurait bon dos. Les pouvoirs publics français appliqueraient surtout la politique commerciale des propriétaires qataris du PSG, qui ont conquis un nouveau public, moins remuant et plus solvable.

Après le décès de deux supporters lors d’affrontements en 2006 puis 2010, l’ancien président du club Robin Leproux avait dissous les deux kops ennemis d’Auteuil et de Boulogne. Puis il avait opté pour un placement aléatoire des supporters dans les tribunes, pour les mélanger au public « familial ». Environ 13 000 personnes se sont retrouvées éjectées des virages et sept associations ont été dissoutes. « Avant Leproux, le PSG c’était le gros bazar, ça a au moins eu le mérite de ramener de l’ordre », reconnaît Pierre, un fan de 39 ans, documentariste (son prénom a été changé à sa demande). « Mais il ne fallait pas virer 13 000 personnes, pour 500 mecs identifiés. » Abonné au virage d’Auteuil pendant des années, il a été exclu du Parc des Princes au moment du plan Leproux « de façon arbitraire » et n’y a plus remis les pieds pour « ne pas cautionner cette politique ».

Mais les mesures censées être provisoires se sont encore durcies sous les nouveaux propriétaires qataris. « Au final, le plan Leproux a surtout permis de supprimer les associations contestataires qui se battaient contre l’augmentation du prix des tribunes populaires », estime Ben, 30 ans, président de l’association Brigade Paris et assureur. Parallèlement, tout un arsenal législatif et policier a été mis en place avec la création d’une division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH) en septembre 2009, et de forces spéciales, les sections d’intervention rapide, qui interviennent dans les stades, caméscope à la main.

Le club et le ministère de l’intérieur sont-ils allés trop loin ? La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), saisie en août 2012 par une cinquantaine de particuliers, a récemment épinglé le club pour avoir illégalement fiché, avec l'aide de la préfecture de police de Paris, près de 2 500 supporteurs indésirables. Dans une décision du 29 août 2013, Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la Cnil, a mis en demeure le club de régulariser ses fichiers de supporteurs d’ici un mois. Selon nos informations, le PSG aurait déposé in extremis deux demandes d’autorisation avant la fin du délai.

Les 8 et 9 novembre 2012, lors d’investigations dans les locaux du PSG, une délégation de la Cnil avait découvert l’existence de deux fichiers sensibles au sein du logiciel de billetterie du club parisien. Aucun n’avait fait l’objet d’une demande d’autorisation, contrairement à ce que prévoit la loi du 6 janvier 1978. L’un regroupe 244 supporteurs interdits de stade (interdiction administrative ou peine complémentaire prononcée par un tribunal) ; une liste est transmise « avant chaque match » par la préfecture de police de Paris.

L’autre, bien plus fournie avec 2 007 noms, fiche des personnes auxquelles la justice n’a rien à reprocher mais que le PSG a « suspendues ». Le club, interrogé par la Cnil, a évoqué des « comportements non conformes aux valeurs du club » (qui ne sont formalisées dans aucun document), un « non-respect du règlement intérieur du Parc des Princes » et « des conditions générales de vente du PSG Football ». « En réalité il s’agit des anciens abonnés des tribunes Auteuil et Boulogne qui contestent le plan Leproux et la politique de la direction du Club », estime Me Cyril Dubois, qui défend plusieurs supporteurs. Selon la Cnil, c’est la préfecture de police de Paris elle-même qui a communiqué certains noms. « Le directeur de l’organisation de la sécurité du PSG Football se voit communiquer par la cellule Stade (de la préfecture de police - ndlr) des vérifications ou des contrôles d’identité opérés par les forces de l’ordre à l’occasion des précédentes rencontres du club à domicile ou à l’extérieur », indique la mise en demeure de la Cnil.

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En off, un responsable du PSG tente un rétropédalage. À l’entendre, il s’agirait d’une simple « base de billetterie » commune au PSG et à Paris Handball, répertoriant les « accidents commerciaux » et les « clients en impayé ». Il nie tout échange de données avec la préfecture de police de Paris : « Cela ne concerne que les listes d’interdits de stade, jamais la police ne nous donne des éléments entrant dans notre base sur les contrôles d’identité. » En septembre 2012  dans Le Parisien, Jean-Claude Blanc, le directeur général du PSG, reconnaissait pourtant que certains des « indésirables » étaient « connus des services de la préfecture de police avec lesquels nous travaillons ». Et affichait clairement la couleur : « On veut pouvoir choisir le public qu’on souhaite. » « Les pouvoirs publics appliquent la politique commerciale du club, en faisant un amalgame sidérant entre des mecs dangereux et les supporteurs », estime James, 38 ans, libraire et ex-porte-parole de l'association dissoute « Liberté pour les abonnés » (LAP). Ce que ne dément pas une source policière. « Le PSG et nous avons les mêmes intérêts : s’il n’y a que de la population “propre” qui va au stade, cela nous va », explique cette source.

« Des interdictions administratives par vagues »

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C’est ainsi qu’une jeune abonnée au Parc des Princes s’en est vu refuser l’accès pour avoir été contrôlée par la police en compagnie de supporteurs contestataires. À l’issue du match France-Japon au Stade de France le 12 octobre 2012, la jeune femme de 22 ans, secrétaire pour une fédération d’éducation populaire, s’est trouvée au milieu de la centaine de supporteurs du PSG qui avaient affiché des banderoles « Liberté pour les abonnés » et « Des ultras à Paris ». « Dès le coup de sifflet final, tout le monde s’est fait encercler par la police, a raconté à So Foot l’un des spectateurs pris dans la nasse avec les ultras. Il y avait des CRS, des flics en civil. Il ne manquait que l’armée ! Chaque personne a vu son identité relevée, a été photographiée et même filmée avant de se faire raccompagner par deux CRS ! »

Sans aucune suite judiciaire concernant cette jeune femme. Si ce n’est que depuis cet incident, les bornes électroniques à l’entrée du Parc des Princes bipent « accès refusé Indésirable » lorsqu’elle tente d’entrer avec sa carte au parc. Le club lui a envoyé un courrier de résiliation arguant de sa « participation aux incidents intervenus à l’occasion du match de l’équipe de France de football PSG/JAPON (sic) ». Son avocat, Me Cyril Dubois, s’interroge « sur la façon dont un simple contrôle d’identité s’est retrouvé dans les mains d’une société privée ». « Je ne vois pas quels sont les fondements légaux qui permettent aux policiers de fournir les noms de personnes qui ont simplement contesté la politique du PSG », s’inquiète-t-il.

Autorités policières et PSG vont jusqu’à refouler des supporteurs contestataires – auxquels la justice n’a rien à reprocher – lors de matchs organisés non par le PSG mais par la Fédération française de football (FFF). C’est ainsi que lors du match amical France-Australie, organisé le 11 octobre 2013 par la FFF au Parc des Princes, quatorze supporteurs du PSG, venus demander « la liberté pour les ultras », se sont vu refuser l’entrée. Avocat de plusieurs ultras, Me Pierre Barthélémy avait un peu de mal « à croire qu’on les refusait à l’entrée du stade sans aucune raison ». Alors il s’est rendu au Parc des Princes le 11 octobre avec un huissier et un journaliste de Libération (lire son article). « Dès le début, les policiers ont repéré les trois supporters avec qui nous étions et leur ont dit que le club ne voulait pas d’eux, dit l’avocat. À l’entrée du stade, à côté des CRS, Jean-Philippe D’Hallivillée et un physionomiste pointaient les indésirables aux stadiers. Le directeur de la sécurité du PSG m’a dit qu’il était mandataire de la FFF et que je défendais des gens dangereux. Les CRS ont encerclé les supporteurs qui n’ont pas pu rentrer dans le stade. Ils les ont contrôlés puis escortés jusqu’au métro. On voit bien que les policiers et le club travaillent main dans la main. » Les quelque 200 autres supporteurs du PSG, qui avaient réussi à rentrer dans le stade, sont eux partis quelques minutes avant la fin du match pour éviter d’être contrôlés et de finir sur une liste noire. Selon un responsable du PSG, le directeur de la sécurité travaillait sur le match, « comme l’ensemble des collaborateurs du PSG », sur instruction de la FFF. Contactée, cette dernière nous a indiqué ne pas souhaiter « communiquer sur ces sujets ». La scène a été enregistrée par des supporteurs.

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À la demande des autorités préfectorales, d’autres clubs de Ligue 1 comme Évian et le Stade rennais ont également annulé d’autorité les billets destinés à des supporteurs parisiens, pourtant sous le coup d’aucune interdiction judiciaire ou administrative. Parfois en identifiant les supporteurs parisiens à travers l’adresse IP utilisée pour l’achat en ligne du billet ou grâce à une liste noire transmise par la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH). « Que les services de police aient fourni la liste des indésirables ou que les clubs se soient livrés à du traçage d’adresse IP, dans les deux cas, c’est illégal », remarque Me Cyril Dubois. On pourrait multiplier les cas, répertoriés par So Foot dans une excellente enquête.

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Autre mesure liberticide selon les ultras, le recours systématique aux interdictions administratives de stade (IAS) avec obligation de pointage au commissariat de quartier les soirs de match. Créées par la loi antiterroriste de 2006 et prononcées par les préfets, ces interdictions peuvent aller jusqu’à deux ans. Les personnes privées de stade, parfois pour une simple  écharpe « Authentiks », association dissoute par les autorités en 2010, n’ont pas nécessairement commis de délits, mais il s’agit d’appliquer le principe de précaution. Les supporteurs dénoncent donc le caractère « arbitraire » de ces mesures administratives, alors que le code pénal prévoit déjà depuis 1993 des peines complémentaires d’interdictions judiciaires de stade : « Là au moins, le juge statue, on est dans un cadre légal, souligne James. Pour les IAS, il n’y a jamais aucun élément de preuve, alors que les SIR (forces de police spéciales qui interviennent dans les stades - ndlr) nous filment en permanence. Ça  permet juste à la police de faire du chiffre. » « Il y a des interdictions administratives par vagues, par exemple pendant la campagne présidentielle 2012, il n’y a pas eu d’interdiction pendant quatre mois, puis c’est reparti en juillet, constate Me Sandra Ammar, avocate de plusieurs supporteurs. C’est souvent très arbitraire avec des arrêtés préfectoraux truffés de copiés-collés et de faits non vérifiés qui deviennent des éléments constitutifs. »

Interrogée, la division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH) refuse de communiquer le nombre d’IAS prononcées ces dernières années, ainsi que leur répartition par motif. À elle seule la préfecture de police de Paris a pris 141 arrêtés d’interdictions administratives de stade pour la saison 2012-2013. Soit plus que les interdictions judiciaires de stade prononcées en 2011 pour la France entière (126 peines) ! « Les comportements faisant l’objet d’une mesure administrative d’interdiction de stade sont pour leur grande majorité des faits de violence et de dégradation », assurait le commissaire Antoine Boutonnet, chef de la DNLH dans un entretien à So Foot. Pourtant, les chiffres de la DNLH, analysés par les Cahiers du football, montrent que les principaux incidents relèvent surtout de l’usage de fumigènes et de délits mineurs (ivresse et stupéfiants notamment).

« Qui peut refuser quoi que ce soit au Qatar ? »

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À la tête de la division nationale de lutte contre le hooliganisme depuis sa création en 2009, le commissaire Antoine Boutonnet est devenu, avec Jean-Philippe D’Hallivillée, le responsable sécurité du PSG, la bête noire des ultras qui lui reprochent sa trop grande proximité avec le club. Ces derniers n’ont surtout pas accepté de se voir imputer la responsabilité des émeutes du 13 mai 2013 lors de la remise du titre de champion de France au PSG, dont la célébration avait été autorisée par la préfecture de police sur le Trocadéro. Bilan : trente blessés, dont trois parmi les forces de l'ordre, une dizaine de commerces pillés, et des abribus, voitures et bus vandalisés.  

Au total, douze supporteurs ont été jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Paris le 12 juin 2013 puis le 5 juillet 2013. On leur reprochait des violences sur les stewards du PSG, ainsi que des jets de projectile et des tirs de fumigène. Sept d’entre eux ont été relaxés et cinq condamnés à des peines de prison ferme allant de quatre à huit mois. Le parquet a fait appel des relaxes. « Les trois leaders, qui étaient en tête du cortège des ultras et bien visibles sur les vidéos, ont été relaxés, dit Me Martin Méchin, un de leurs avocats. Les vidéos et témoignages montrent qu’ils ont plutôt essayé de calmer la foule. Cela montre bien qu’il n’y a pas eu de volonté des ultras de mettre le bazar. » Un responsable policier interrogé reconnaît d’ailleurs que les supporteurs n’ont eu qu’un effet « dynamisant » sur les casseurs. « On avait 200 ultras qui ont commencé à être plus remuants et qui ont eu un effet accélérateur sur les casseurs, qui arrivent d’habitude plutôt en fin de manif », affirme-t-il. Malgré cela, plusieurs ultras, pour certains relaxés ou non poursuivis, ont écopé d’interdiction administrative de stade. Plusieurs d’entre eux ont déposé plainte contre X... début juillet 2013 pour mise en danger de la vie d’autrui. « Nous voulons forcer la justice à enquêter sur les conditions d’organisation de cet événement », dit Me Méchin.

Les supporteurs n’hésitent plus à porter systématiquement devant les juridictions leurs conflits avec le PSG. Sans grande illusion. « Le PSG s’accommode très bien de ces illégalités, remarque Me Pierre Barthélémy. Cela ne les dérange pas de payer 2 000 ou 3 000 euros d’indemnisation puisqu’ils tirent un énorme bénéfice financier de leur nouvelle image. »

Quelques jours après l'incident du Trocadéro, un communiqué des ultras pointait « des dirigeants de la police (qui) ont préféré parader avec les joueurs lors de cette célébration plutôt que de gérer la foule ». Dans le viseur, le chef de la DNLH, grand amateur de foot, qui est de tous les déplacements européens du PSG. La veille des échauffourées du Trocadéro, le commissaire Boutonnet était dans l’avion des joueurs les ramenant victorieux de Lyon. Puis a célébré la victoire avec eux et Jean-Philippe D’Hallivillée au Mathis Bar, un bar de nuit parisien. « M. Boutonnet ne faisait que passer pour voir comment les choses se passaient, assure son entourage. Ce n’était pas du tout l’ambiance "boîte de nuit". »

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À quelques mètres de là, sur les Champs-Élysées, le climat était pourtant déjà tendu : les forces de l’ordre débordées faisaient face à des affrontements et des casses de vitrines.
Le lendemain après-midi alors que la foule s’impatiente au Trocadéro et que les premières escarmouches fusent entre stadiers et supporteurs, le chef de la DNLH trône sur le bus à impériale qui conduit les joueurs du PSG. Et il est photographié le soir même brandissant la coupe dans un hôtel particulier du XVIe où les joueurs et leurs proches fêtent leur victoire jusqu’au petit matin.

C’est la préfecture de police de Paris qui a autorisé puis géré les célébrations sur le Trocadéro, pas la DNLH. Avec une certaine désinvolture. Six compagnies de forces mobiles (70 à 80 hommes chacune) avaient été commandées, le dispositif prévu pour un match normal de l’équipe du PSG à domicile. Le lundi soir, le directeur de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police (DOPC), Alain Gibelin, était en vacances en province. Le préfet de police de Paris, Bernard Boucault, était lui à Lyon avec le ministre de l’intérieur Manuel Valls pour dresser un premier bilan des zones de sécurité prioritaire (ZSP). Le couperet est tombé sur la tête du n° 2 de la DOPC, Olivier Paquette, muté à la police des polices cet été.

 D’après nos informations, la préfecture de police aurait bien été alertée sur la présence à risque d’ultras, mais sa direction du renseignement aurait complètement sous-estimé leur nombre ainsi que leur rage contre le club. « On s’attendait plutôt à une ambiance festive, avec un public acquis à la cause, pas à gérer des violences urbaines », confie un policier. Les casseurs, « qui venaient de grande banlieue », n’auraient été repérés que « 200 mètres avant qu’ils n'arrivent, à leur sortie de métro ». Sur place, les policiers ont également « découvert»  les échafaudages géants placés devant la façade du musée de la Marine, qui ont servi de perchoirs à plusieurs supporteurs.

L’épisode illustre bien la proximité des autorités policières avec le PSG. D’après une source, les négociations avec les Qataris, qui au départ avaient demandé les Champs-Élysées, ont été tranchées au cabinet du préfet de police de Paris, « voire au ministère de l’intérieur ». « Que faisait le chef de la DNLH sur le bus des joueurs ?, demande de son côté Jérémy Laroche, ex-président de LPA. Il n’est pas là pour assurer leur sécurité. Cela prouve qu’il est l’invité du club et travaille en totale collaboration avec eux. Donc, dès que le club réclame telle ou telle mesure, il va donner suite. » Ce que confirme anonymement un policier de base : « Dans la corbeille du Parc des Princes, on voit passer beaucoup de responsables policiers parisiens, c’est une vitrine où il faut apparaître, être vu et où on fait des affaires. Vu la promiscuité et les enjeux économiques, tout ce que demande le club est validé. Qui peut refuser quoi que ce soit au Qatar ? »

Après trois ans de combat, le ressentiment ne fait que grimper chez les supporteurs de la première heure devenus indésirables. « Il y a beaucoup de rancœur et de haine chez les anciens ultras, explique Ben. Parfois quand le PSG gagne, je suis dégoûté. » Un cocktail explosif, soulignent plusieurs observateurs, puisque les associations d’ultras, qui permettaient de canaliser les plus radicaux et de faire passer des messages à la direction du club, ont été dissoutes. « L’Euro 2016 va être une boucherie, prédit Pierre. Si les pouvoirs publics ne savent pas nous gérer dans un espace urbain, comment vont-ils faire face aux flux de supporteurs européens ? À côté d’eux, nous sommes des enfants de chœur. » « Il y a des raisons de s’inquiéter pour 2016, confirme un policier. Le problème n’est plus dans les stades mais dans les "fans zones", les lieux de retransmission des matchs avec écrans géants. Autant dans un stade, on contrôle facilement qui rentre, autant dans l’espace public, on ne contrôle rien. »