Listes électorales: à Saint-Denis, de nouvelles inscriptions tirées par La Plaine

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Closes le 31 décembre, les listes électorales viennent d'être publiées par les mairies. À Saint-Denis, sur les 6 660 nouveaux inscrits en 2011, plus de la moitié se sont déplacés en décembre. Une partie de l'élan est à lier à l'arrivée de nouveaux habitants dans le quartier en pleine mutation de La Plaine. Cela n'empêche pas le conseiller municipal en charge de ces questions, Patrick Vassallo, de redouter, pour sa ville, un taux d'abstention élevé et une percée du Front national. 

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Closes le 31 décembre 2011, les listes électorales, tenant compte des nouveaux inscrits et des radiations, viennent d'être publiées par les mairies, mardi 10 janvier. Éclairant l'une des polémiques ayant émaillé le début de la campagne, les premières remontées statistiques permettent d'évaluer la mobilisation potentielle de l'électorat en vue de la présidentielle. 

Une « faute contre la République » selon François Bayrou, des « moyens faiblement utilisés » par un gouvernement et un président « aphones » et « hypocrites » selon Bruno Le Roux, porte-parole de François Hollande : au centre et à gauche, les candidats suspectent la majorité actuelle de ne pas avoir favorisé la participation, et notamment celle des jeunes, pour éviter un vote sanction. Ce à quoi Claude Guéant répond, quelques chiffres à l'appui, que l'effort financier du ministère a été plus important en 2011 qu'en 2006, sans détailler comment l'argent a été dépensé. 

Dans le département du 93 caractérisé par des taux d'abstention élevés et une présence étrangère (non votante) importante, focus sur la ville de Saint-Denis, où un regard micro-local donne à voir des facteurs de fluctuation sensibles quartier par quartier.

Sur les 6 660 nouveaux inscrits en 2011 (chiffres au 10 janvier 2012), plus de la moitié (3 667) se sont déplacés en décembre, les autres mois oscillant entre 39 (en janvier) et 1 145 (en octobre). Plus précisément, le rush s'est produit au cours des trois derniers jours, selon la commission électorale de la ville, dont les membres sont désignés par le maire, le préfet et le tribunal de grande instance, qui s'est réunie vendredi 6 janvier, avant une ultime rencontre mardi 10.

Dépolitisation, crise, affaires : « Au regard du contexte, ces résultats ne sont pas mauvais », indique Patrick Vassallo, conseiller municipal délégué aux prestations administratives. Certes, ils sont en baisse par rapport à 2006 (de 12,6 %), mais cette année-là avait constitué un record à l'échelon national, pour cause de sursaut post-traumatisme 2002, lié à la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour. S'y était ajouté, dans certains quartiers populaires, un élan citoyen après les émeutes de 2005.

Pas d'emballement pour autant. « Ces nouvelles inscriptions, tempère l'élu, découlent en grande partie de la hausse continue de la population de la ville. Par ailleurs, elles ne garantissent en rien que ces personnes se déplacent au moment du vote. »

L'accroissement démographique de Saint-Denis est, de fait, impressionnant, puisque la ville est passée de 85 000 habitants en 1999 à 107 000 en 2011.

En pleine mutation depuis l'installation du Stade de France, le quartier de La Plaine, où se concentrent nombre de sièges sociaux d'entreprises du secteur tertiaire, est devenu un lieu de résidence pour près de 20 000 personnes, contre une poignée de milliers il y a une ou deux décennies. Son rôle moteur se lit dans les inscriptions.

Les arrivées consécutives à des déménagements ont constitué le gros des mouvements sur les listes électorales, devant les premières inscriptions, dues aux jeunes adultes mais aussi aux personnes ayant acquis la nationalité française, parmi lesquels des « chibanis », ces vieux migrants installés en France depuis des années. Les changements d'adresse à l'intérieur de la ville viennent loin derrière.   

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Cet article s'inscrit dans une série d'enquêtes et de reportages, réalisés à partir du territoire de La Plaine, à l'intersection de Saint-Denis et d'Aubervilliers, entre le Stade de France et le centre commercial du Millénaire.

Le projet consiste à croiser des enjeux de la campagne présidentielle avec des préoccupations ancrées géographiquement. Après le vote des étrangers aux élections locales, la « galette des rois » de Marine Le Pen au Dock Pullman des Magasins généraux et les difficultés d'accès aux soins, voici le résultat des inscriptions sur les listes électorales à Saint-Denis.

Cet ensemble s'appuie sur un blog, créé pour l'occasion :

La campagne vue de La Plaine, dont je me sers comme base documentaire, carnet de route, description et autres infra-informations. Trois posts à consulter : Du Millénaire aux Roms, tout un programme, Sur la frontière, Aubervilliers/Saint-Denis, Julieta, Suzanna et Hocine, droit de vote et impressions de quartier et Les Magasins généraux, la nuit.