Venant d’un responsable politique aux prises avec la justice, la posture est classique. On contre-attaque en opposant la légitimité que confère le suffrage universel à l’illégitimité supposée des magistrats, quand on ne met pas carrément en cause leur supposée partialité, pour créer une « affaire dans l’affaire ». C’est l’éternel refrain sur les « juges rouges », les « petits juges haineux », l’« atteinte à la séparation des pouvoirs », l'« immixtion dans le champ politique », le « coup d’État judiciaire » ou la « dictature de la transparence », qui est entonné par les élus de tous bords dès que les magistrats se font curieux et les enquêtes menaçantes. Le dernier exemple en date étant celui de Nicolas Sarkozy refusant de répondre aux questions d’une juge d’instruction (dans l’affaire Paul Bismuth), au motif qu’elle serait syndiquée.