Le gouvernement s'empare de l'épineux dossier du financement de «l’islam de France»

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Convaincu de réussir là où les autres ont échoué, Manuel Valls a annoncé la création d’une nouvelle fondation dont l’objectif est de centraliser le financement des mosquées et de la formation des imams. Depuis dix ans, la Fondation des œuvres de l'islam de France s'est enlisée dans des luttes internes. Dernier article d'une série de trois consacrés aux débats qui traversent l'islam en France.

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Parce que l’argent est le nerf de la guerre, organiser en France un financement de l’islam affranchi de la tutelle des pays étrangers est depuis des années l’obsession des pouvoirs publics. C’est même l’un des chantiers prioritaires du plan islam annoncé au lendemain des attentats de Paris par le gouvernement. « Une nouvelle fondation devra être créée avant la fin de l’année 2015 afin de financer des projets d’intérêt général (culturels, éducatifs, sociaux) et de promouvoir les réalisations de l’islam de France », a ainsi affirmé le premier ministre Manuel Valls, le 15 juin dernier, lors de la première réunion de « l’instance de dialogue » avec les représentants de l’islam de France – la deuxième religion du pays. Alors que la communauté musulmane souffre d'un manque criant de lieux de culte –, le CFCM estime qu'il faudrait doubler la capacité d'accueil – le financement des mosquées reste le principal frein à leur construction. Les souscriptions par le biais d'associations locales peinent à réunir les sommes nécessaires et l'opacité de ces quêtes rebute parfois les fidèles. Solliciter des mécènes à l'étranger reste bien souvent la seule issue, avec le risque de perdre un peu de son indépendance. Idem pour la formation et la rémunération des imamsL'Algérie, le Maroc, la Turquie y voient un moyen de conserver une influence sur leurs « ressortissants » – même s'ils sont français depuis trois générations. L'Arabie Saoudite et le Qatar y voient aussi une bonne façon d'étendre leur influence.