Le juge Van Ruymbeke convoqué devant le Conseil supérieur de la magistrature

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Alors qu'il est plongé dans l'instruction de l'affaire Karachi-Takieddine, le juge se voit à nouveau reprocher ses rendez-vous secrets avec Jean-Louis Gergorin en 2004, dans le cadre de l'affaire Clearstream. Il est convoqué devant le CSM le 25 novembre.
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Il s'agit d'un supplice chinois, commencé en mai 2006, et qui peut durer encore plusieurs mois ou quelques années, on l'ignore. Le juge d'instruction du pôle financier de Paris, Renaud Van Ruymbeke, est convoqué devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) vendredi 25 novembre, selon des informations obtenues par Mediapart.

Le magistrat, qui est actuellement en charge du volet financier de l'affaire Karachi, c'est-à-dire l'affaire Takieddine, doit être interrogé par deux rapporteurs du CSM, un magistrat et un avocat, qui sont chargés de reprendre toute l'instruction disciplinaire qui avait été déclenchée par le pouvoir, voici plus de cinq ans, en marge de l'affaire Clearstream.

Alors chargé de l'affaire des frégates de Taiwan, dans laquelle il s'est heurté au secret-défense, Renaud Van Ruymbeke s'était vu reprocher en 2006 d'avoir rencontré secrètement le vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin deux ans plus tôt, pour les besoins de son enquête, et de ne pas en avoir averti des collègues, Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, en charge de l'affaire Clearstream.

Une petite liberté avec le code de procédure pénale que s'autorisent la plupart des juges d'instruction, comme l'ont rappelé à l'époque les deux principaux syndicats de magistrats (USM et SM), qui ont soutenu sans réserve Renaud Van Ruymbeke, comme l'Association française des magistrats instructeurs (AFMI).

Ne voulant pas déplaire à Nicolas Sarkozy, qui déteste ce juge, le ministre de la Justice, Pascal Clément, n'a eu de cesse de vouloir sanctionner Van Ruymbeke. Il a d'abord bloqué sa promotion, en mai 2006, et demandé un rapport au premier président de la cour d'appel de Paris, Renaud Chazal de Mauriac, mais celui-ci n'a rien trouvé à reprocher au juge d'instruction.

Pascal Clément a alors actionné l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ), le bras armé de la Chancellerie, qui a rendu un rapport assez sévère en janvier 2007. Le zélé Pascal Clément a ensuite saisi la formation disciplinaire du CSM, reprochant à Renaud Van Ruymbeke d'avoir manqué « aux obligations de prudence et de rigueur » et « aux devoirs de son état ».

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