François Hollande en son labyrinthe

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« Les mystères sont irrités par les faits », écrivait Norman Mailer. C'est l'état exact de notre société face au pouvoir politique en ce printemps 2014. Le remaniement répond-il à cette exaspération ? Sans doute pas, tant l'immobilisme et les petits calculs, renforcés par les pesanteurs institutionnelles, laissent un président inchangé même si désavoué.

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À la différence de nombreux écrivains de sa génération, Norman Mailer ne dédaignait pas la politique. Il la considérait en artiste et en anthropologue, comme une source d'émerveillement. En 1960, il avait suivi pour le magazine Esquire la convention démocrate au cours de laquelle John Fitzgerald Kennedy fut investi candidat. Il en rapporta un long reportage intitulé « Superman débarque au supermarché », un modèle pour qui voit dans la scène politique une cérémonie rituelle, cannibale, un des derniers refuges de la sorcellerie.