Au procès Benghalem, la peur gagne le droit

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C'était en 2013. Ils étaient jeunes, gonflés à bloc, et voulaient, disent-ils, combattre l'armée de Bachar al-Assad. Ils ne sont restés que quelques jours ou semaines en Syrie, généralement sans combattre. Lundi, le procureur de la République a cependant demandé qu'ils soient emprisonnés entre 6 et 8 ans. Pas pour ce qu'ils ont fait. Mais pour ce qu'ils pourraient faire. 

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Personne ne saura jamais quelles peines de prison aurait requis le procureur de la République si le procès de la filière terroriste du Val-de-Marne s’était tenu avant le 13 novembre 2015, ou avant le 7 janvier. Les attentats de Paris ont tout changé : la peur gagne le droit – c’est humain et inhumain à la fois. Car les faits qui sont reprochés aux six prévenus qui ont comparu pendant cinq jours devant la XVIe chambre du tribunal correctionnel de Paris n’ont, eux, pas changé. Ils remontent à 2013. Pour avoir à l’époque passé quelque jours ou quelques semaines en Syrie, ces hommes, qui se vivent comme des repentis, pourraient écoper de 6 à 8 ans de prison si le tribunal suit les réquisitions prononcées lundi 7 décembre par le procureur de la République.