Un soutien de Le Pen se vante de discuter avec le «monsieur opinion» de l'UMP

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Le souverainiste Paul-Marie Coûteaux, porte-parole de la campagne de Marine Le Pen, affirme à Mediapart rencontrer « régulièrement » Guillaume Peltier, le « monsieur opinion » de l'UMP, futur secrétaire national en charge des sondages, proche d'Hortefeux et Buisson, pour « travailler à la recomposition de la droite » après la « défaite probable » de Nicolas Sarkozy. Selon lui, l'ancien bras droit de De Villiers ne serait pas « allergique à Marine Le Pen ».

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« Je l'ai vu en décembre. On s'appelle régulièrement, on prend des verres ensemble car on tend vers le même but. » De qui le souverainiste Paul-Marie Coûteaux, porte-parole de la campagne de Marine Le Pen, parle-t-il ? De Guillaume Peltier, le « monsieur opinion » de l'UMP, qui sera nommé mercredi secrétaire national en charge des études d'opinion et des sondages. A 35 ans, recruté par Brice Hortefeux et Patrick Buisson (ancien de Minute et conseiller officieux de Nicolas Sarkozy), Peltier écume les médias depuis l'été dernier. Membre de la « cellule riposte » de l'UMP, candidat aux législatives à Tours en juin 2012, il est présenté comme l'un des maillons clés du dispositif présidentiel (lire notre portrait et notre enquête)

Coûteaux et Peltier ont mené ensemble la campagne de Philippe de Villiers en 2007 (le premier était conseiller politique, le second directeur de campagne et porte-parole). Aujourd'hui brouillé avec le président du MPF, Paul-Marie Coûteaux a lancé, en vue des législatives, le SIEL (Souveraineté, indépendance et libertés), un parti associé au Front national, et travaille par ailleurs à la création d'une « opposition nationale », dont la source ne peut être, selon lui, uniquement le FN.

Il affirme à Mediapart « travailler à la recomposition de la droite » avec Guillaume Peltier. « Nous sommes sur cette passerelle (FN-UMP), lui d'un côté, moi de l'autre. Nous savons tous les deux que cette recomposition dépend de l'échec – assez probable  de Nicolas Sarkozy. S'il est battu, il y aura une recomposition à droite. » Pour le souverainiste, il s'agirait non pas d'« une alliance avec le FN » mais plutôt d'« une recomposition, avec une partie de l'UMP et du FN »

G. Peltier, lors de ses 18 mois passés au FN. © DR G. Peltier, lors de ses 18 mois passés au FN. © DR

Selon Coûteaux, Guillaume Peltier ferait, comme lui, « le distinguo entre le FN et le soutien à Marine Le Pen » : « Il n'est pas allergique à Marine Le Pen », affirme-t-il. « Nous sommes d'accord sur bien des points, dit-il, rappelant la Charte de la Droite populaire, rédigée par Peltier, où la différence (avec les thèses du FN - ndlr) n'est pas grande. » « Mais lui ne vous le dira pas, il est candidat (UMP) en juin ! », ironise-t-il. Contacté, Guillaume Peltier n'a répondu à aucune de nos sollicitations (lire notre « Boîte noire »). Mercredi soir, il a démenti les affirmations de Paul-Marie Coûteaux sur TV-Tours et dans La Nouvelle République, assurant que tout cela était «faux» et relevait de «l'affabulation». «Toute promotion suscite la jalousie et attise l'hostilité de vos adversaires», a-t-il expliqué, assurant n'avoir pas vu le souverainiste «depuis 2007».

Paul-Marie Coûteaux dit avoir « toujours eu de bons rapports avec lui » et lui vouer « une grande admiration ». « C'est un type spécialement efficace. Il a repris le secrétariat général du MPF à un moment où il était au point mort, il a mené brillamment la campagne pour le "non" au référendum sur le traité européen, c'est d'ailleurs lors de l'un de ces discours, en 2005, que la chrysalide a éclos », raconte-t-il.

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Mise à jour: Cet article a été mis à jour jeudi 12 janvier avec la réaction de G. Peltier dans la presse tourangelle.

Paul-Marie Coûteaux a été interviewé le 9 janvier, le collaborateur du MPF le 10 janvier.

Contacté le 10 janvier au matin, Guillaume Peltier n'a pas retourné mon appel. Il avait auparavant décliné mes deux demandes d'entretien. La première, en novembre (concernant un portrait que Mediapart lui consacrait), en invoquant un désir de « discrétion ». La seconde, en décembre (concernant une enquête sur son implantation à Tours), avec ce message : « Je ne souhaite pas donner suite à votre demande. Que vous dire que vous ne retiendrez pas contre moi ? ».