Un ex-ministre burundais devant la justice française pour «traite d’être humain»

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Lundi 9 septembre a débuté devant le tribunal de grande instance de Nanterre le procès de Gabriel Mpozagara, ancien ministre et diplomate, ainsi que sa femme, accusés d'avoir réduit un compatriote en esclavage domestique une décennie durant. Libération a rencontré leur victime.

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De 2008 à 2018, Méthode Sindayigaya, aujourd’hui âgé de 39 ans, a été séquestré, loin de sa famille, dans un pavillon des Hauts-de-Seine où des dignitaires de Bujumbura lui avaient proposé un « emploi ». Depuis lundi 9 septembre 2019, Candide et Gabriel Mpozagara, respectivement petite-fille du dernier roi du Burundi, déposé par les Belges en 1966, et ancien ministre de la justice puis de l’économie, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nanterre, notamment pour le délit de « soumission à du travail ou à des services forcés », mais aussi pour « des conditions de travail ou d’hébergement contraires à la dignité » de Méthode. Le couple a déjà été condamné pour des faits similaires commis en France. En 2012, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), considérant que la France violait l’article 4 de la Déclaration universelle – qui stipule que « nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude » –, ordonna même le versement de 30 000 euros à l’une de leurs précédentes « servantes ». Mais malgré ce, l'impensable s'est reproduit.