Procès des attentats de janvier 2015: les survivants de «Charlie Hebdo» racontent l’indicible

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Au procès des attentats de janvier 2015, les membres de Charlie Hebdo ont fait revivre leur rédaction avant qu’elle ne soit décimée par des terroristes. Selon leur tempérament et la nature de leurs blessures, ils ont livré des témoignages pudiques, cliniques ou à fleur de peau. Toujours bouleversants. 

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Il y a les miettes de pain qui sortent du manteau de Cabu et celui-ci qui se régale d’avance d’un jambon emballé dans un torchon. Il y a la galette des Rois de la dessinatrice Corinne Rey dite « Coco » et le gâteau marbré de la chroniqueuse judiciaire Sigolène Vinson. Il y a les livres de l’économiste Bernard Maris, celui sur le jazz qu’il a apporté et celui qu’il conseille, Robespierre, reviens ! d’Alexis Corbière. Il y a aussi les vêtements du même Bernard Maris, un costume en laine, pied-de-poule, que Sigolène Vinson n’aime pas parce qu’elle trouve que « la veste et le pantalon ça faisait trop de pied-de-poule pour un seul homme ». Il y a Philippe Lançon qui renâcle à faire une chronique littéraire qui serait, estime-t-il, « une resucée » d’un précédent article et Charb, le directeur de la publication, qui le charrie : « Oh, oui, Philippe, resuce-moi encore ! »