Malgré Borloo, les députés radicaux ne sont pas pressés de quitter l'UMP

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L'Alliance républicaine, écologiste et sociale a tenu son université d'été ce week-end. La question d'un groupe centriste à l'Assemblée s'est invitée dans les débats. A neuf mois des législatives, plusieurs élus sont réticents à l'idée de quitter le groupe UMP.
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La Grande Motte, de notre envoyée spéciale

«Où en est l'idée d'un groupe centriste à l'Assemblée?» La question est posée par Melody Mock, la coordinatrice des jeunes de la Gauche moderne, lors de la session de clôture de l'université d'été de l'Ares, l'Alliance républicaine, écologiste et sociale, réunie ce week-end à La Grande Motte. Elle mérite d'être soulevée, puisque sur les dix-neuf députés radicaux, aucun n'a quitté le groupe UMP à l'Assemblée. En ont-ils l'intention? Les réponses divergent. En tout cas, celles des rares députés radicaux présents ce week-end.

Franck Reynier, député de Montélimar, répond sans équivoque: «Fin septembre, je quitterai le groupe UMP à l'Assemblée. J'annoncerai ma décision à la rentrée parlementaire. C'est une question de cohérence!» Michel Zumkeller, député du Territoire de Belfort, tient le même discours: «Il faut être cohérent : je ne vois pas très bien comment on pourra défendre le projet de Jean-Louis Borloo en restant dans le groupe UMP. On ne comprendrait pas.» Mais il admet que tous ne partagent pas cet avis. «Certains de mes collègues radicaux se trompent. On ne fait pas de la politique pour garder une place. C'est étonnant que, dans ces moments-là, certains voient leur intérêt personnel plutôt que celui de l'alliance.»

Entre les lignes, Michel Zumkeller fait allusion, entre autres et surtout, à Robert Lecou, député de l'Hérault, absent ce week-end et auteur cet été d'un quasi-pamphlet anti-Ares. En juillet, le vice-président du Parti radical a publié sur son blog une lettre ouverte, dans laquelle il renouvelle sa confiance à Nicolas Sarkozy et son engagement au groupe UMP et désavoue la stratégie de Jean-Louis Borloo.

Entre la position de Robert Lecou et celle de Michel Zumkeller, qui se décrit comme «un député atypique», le gros des troupes radicales ne se positionne pas aussi clairement. Arnaud Richard, élu dans les Yvelines, louvoie: «Attendons de voir ce qu'il se passe au Sénat. C'est une des clés du dispositif. Si Jean-Louis Borloo est candidat, c'est compliqué d'être dans le groupe UMP. Je n'ai pas de complexe à quitter le groupe UMP. Et en même temps, en 1995, il y avait des UDF qui soutenaient Chirac et des RPR derrière Balladur.» Jean-Louis Borloo appréciera.

Comment expliquer la frilosité des députés radicaux? Pour le sénateur des Pyrénées-Orientales, Jean-Paul Alduy, pas besoin de chercher très loin: «Il faut être honnête : Nicolas Sarkozy et l'UMP ont des capacités de séduction à multiples facettes. Et pour l'investiture aux législatives, ça marche.» Michel Zumkeller ne dit pas autre chose: «On a des collègues radicaux, ils reçoivent quatre coups de fil, et ils arrêtent de soutenir Jean-Louis...» François Sauvadet a même légitimé cette frilosité samedi à La Grande Motte.

Pour l'instant, les députés peuvent encore se cacher derrière la valse-hésitation de Jean-Louis Borloo. Mais «quand il déclarera sa candidature, ce sera le moment de vérité», dit Jean-Marc Gabouty, trésorier du parti. «A la nouvelle session parlementaire, les députés qui veulent suivre Borloo devront le faire.» Dans ce potentiel mercato des groupes parlementaires, Jean-Marc Gabouty compte sur de nouveaux venus. Mais il sait d'avance qu'il y aura des défections au Parti radical.

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