Le commissaire aux comptes du FN mis en examen

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Nicolas Crochet, le commissaire aux comptes du FN et du micro-parti de Marine Le Pen, a été mis en examen le 10 avril pour complicité d'escroquerie, blanchiment d'abus de biens sociaux, financement illégal de parti politique et recel d'abus de confiance.

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L'enquête sur le financement du Front national continue d'accélérer. Nicolas Crochet, le commissaire aux comptes du Front national et du micro-parti de Marine Le Pen, a été mis en examen vendredi 10 avril pour complicité d'escroquerie concernant les législatives de 2012, blanchiment d'abus de biens sociaux, financement illégal de parti politique et recel d'abus de confiance.

À la tête du cabinet d'experts-comptables Amboise Audit, Nicolas Crochet, qui passe pour un « vieil ami » de la présidente du FN, est au cœur de la machine frontiste. Comme Mediapart l'a raconté, ses différentes missions effectuées pour le FN n'étaient pas compatibles avec la révision des comptes de campagne. 

M. Crochet a en effet été simultanément le conseiller économique de Marine Le Pen, l’employeur de Jean-François Jalkh, député européen et vice-président du parti, et de plusieurs cadres frontistes en 2012. S'il s'agissait officiellement de peaufiner la remise des comptes des législatives, ces « embauches » constituent aux yeux des juges un financement illégal du parti. L'expert-comptable a par ailleurs été le commissaire aux comptes de plusieurs entreprises appartenant à des prestataires au cœur de l'enquête judiciaire.

Depuis avril 2014, et à la suite d'un signalement de la commission des comptes de campagne, les juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi épluchent le financement des campagnes du Front national, et notamment la présidentielle et les législatives de 2012. Ils soupçonnent un financement illégal et s'intéressent aux rôles joués par Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, et Riwal, la société de communication de son vieil ami Frédéric Chatillon, prestataire principal du FN.

Selon Le Monde, l'enquête a été élargie le 9 mars aux faits de financement illégal d’un parti politique, acceptation par un parti politique d’un financement provenant d’une personne morale et financement illégal de campagne électorale.

Plusieurs piliers des campagnes frontistes ont été mis en examen depuis fin janvier : Frédéric Chatillon pour financement illégal de parti politique, mais aussi « faux et usage de faux », « escroquerie », « abus de bien social » et « blanchiment d'abus de bien social » ; les deux trésoriers successifs de Jeanne, Olivier Duguet et Axel Loustau ; et Riwal elle-même, pour escroquerie et financement illégal de parti politique.

Fondée en 2010, Jeanne est devenue la pièce maîtresse du dispositif électoral du FN, offrant via Riwal des « kits électoraux » et des crédits aux candidats FN, avec le feu vert de l’état-major frontiste. Les enquêteurs se penchent sur ce système de prêts à un taux très élevé et de vente de kits de campagne, que Mediapart avait détaillé dès octobre 2013.

Membre du « Cap-Éco », le comité d'action présidentielle économie chargé de plancher sur le projet de 2017, Nicolas Crochet est aussi de son côté le mandataire payeur des élus FN au parlement européen, et se trouve donc à ce titre au milieu d’une autre affaire judiciaire. Il a en effet établi les fiches de paye des assistants des eurodéputés FN, dont les prestations font l'objet d'une enquête, ouverte le 24 mars par le parquet de Paris.

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