Marine Le Pen, le « mauvais » rêve français

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C’est sans doute la pire des mystifications frontistes : Marine Le Pen n’incarne en rien une alternative au « système », mais elle en est le révélateur au sens heuristique. Le Front national est depuis 30 ans « la chambre noire » de l’idéologie dominante, le laboratoire d’un modèle de gestion « autoritaire » de la crise.

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« Nous venons d'assister à un opéra bouffe », s'écriait Jean Baudrillard au lendemain de la victoire écrasante de Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Dix ans plus tard, la scène de cet « opéra bouffe » est à nouveau dressée pour notre plaisir ou notre désespoir. Mais ce qui remplissait les salles au moment des saisons électorales a envahi désormais notre vie quotidienne médiatique et rien n’empêchera désormais cet opéra bouffe, qui nous tient lieu de théâtre politique depuis trente ans, de se rejouer ad nauseam. L’histoire repose toujours sur la même intrigue éventée : le combat du bien contre le mal, la défense des « valeurs » contre le vice éhonté.